| Prévision trente jours
avant les élections.
(voir la cartographie)
Notre étude ville par ville confirme la
prévision* que nous avions établie
il y a un mois. Sur les 241 villes de plus de 30 000
habitants, 50 sont incertaines et la gauche pourrait
afficher le soir du 18 mars un solde positif
d'une dizaine de villes.
A l'intérieur de cette prévision
certaines situations ont évolué de
part et d'autre : Au profit de la gauche, qui semble
en mesure de conserver Tours, de conquérir
Nancy et Vitrolles et bien sur qui semble bien partie
pour emporter Paris et 'est nouveau pour inquiéter
la Droite à Toulouse. Quelques variations
aussi au profit de la droite qui semble en mesure
de conserver Avignon, Saint Etienne, Angoulême,
ce qui semblait plus délicat il y a un mois,
et qui n'a pas à ce jour renoncé à
conserver Lyon.
Au total ces évolutions de part et d'autre
ne font pas évoluer substantiellement la
prévision d'il y a un mois, - que nous maintenons
-d'un solde positif de 10 villes pour la gauche.
Cette prévision est confirmée par
les différentes enquêtes d'opinion
qui à quelques exceptions prÉs montrent
partout ou elles ont été réalisées
une progression sensible de la gauche.
Il faut prendre ces sondages avec prudence : il
est arrivé dans le passé que les sondeurs
aient plus de mal à prévoir finement
ce scrutin qui reste avant tout local il est difficile
de faire des corrections nationales, il y a de nombreuses
petites listes notamment au premier tour, et la
cristallisation de l'électorat peut intervenir
tardivement.
Mais ce qui est intéressant c'est que la
majorité de ces enquêtes indique les
mêmes tendances :Progression de la gauche,
déclin de la Droite Républicaine,
hypothÉse d'un maintien du FN au second tour
réduite à quelques cas.
LA progression de la gauche semble importante si
l'on compare ces enquêtes au premier tour
des municipales de 1995.(Nice + 13, Aix + 4 , Vitrolles
+ 6, Dijon + 12, Avignon + 10)
Conséquence mécanique, la droite en
perte de vitesse (Tours -20 %, -10 à Lille
et à Rouen entre -8 et - 10 à Paris
) ;
Et surtout la droite semble incapable de profiter
de l'érosion de l'extrême droite (
-12 à Vitrolles, Saint Etienne -6, - 8 à
Vichy,- 9 dans le 18ème arrondissement de
Paris comme à Avignon.) L'électorat
d'extrême droite semble très clivé,
ainsi lorsqu'il n'y a qu'une seule liste d'extrême
droite, le score est nettement moins bon que lorsqu'il
y a deux listes
Ces tendances bien sur demandent à être
confirmées. Il est impossible d'analyser
le scrutin avant qu'il n'ait lieu, et des inconnues
demeurent :
Est ce que l'électorat de droite craignant
une défaite va se mobiliser ?
Les mécontentements catégoriels dans
la fonction publique par exemple peuvent-ils coûter
quelques points aux candidats socialistes ?
On ne le saura qu'au soir du premier tour, mais
en tout cas il ne semble pas se dégager l'idée
d'un vote avertissement à l'égard
du gouvernement Jospin,
SI cela se confirmait ce serait inquiétant
pour la Droite républicaine :
D'abord parce qu'elle pourrait espérer quatre
ans après les législatives tirer profit
d'un mécontentement face au gouvernement
;
Ensuite parce qu'elle espÉre profiter du
déclin du FN pour gagner les législatives.
Enfin et surtout parce qu'au delà de ses
problèmes de personne et de ses débats
permanents sur sa stratégie électorale,
la droite a du mal à moderniser son discours
et à reconquérir l'électorat
urbain, les jeunes, les cadres, parce qu'elle a
sans doute mal compris les évolutions sociologiques
qui ont transformé les attentes de l'électorat
depuis que l'on est sorti d'un cycle de crise. Le
hiatus entre la candidature de Philippe Seguin et
la sociologie électorale parisienne semble
en être la meilleure illustration.
Bernard SANANES
Lafranceelectorale.com pour BFM
12/02/01
* Cette prévision est effectuée à
partir de l'analyse des resultats des précédentes
consultations, de l'analyse des situations locales,
et aussi des sondages réalisés ces
dernières semaines.
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